En bref :
Davantage de croissance économique n’améliorera ni notre santé ni notre bien-être. Pour une meilleure qualité de vie, ce dont nous avons besoin c’est avant tout d’une plus grande égalité entre les revenus.
En détail :
Nous sommes à un moment décisif de l'histoire de l'humanité. Depuis des siècles, la meilleure façon d'améliorer la qualité de vie passe par l'amélioration du niveau de vie. Mais nous arrivons cependant à la fin de ce que la croissance économique peut faire pour les pays industrialisés. Les indices mesurant le bien-être et le bonheur n'augmentent plus avec la croissance économique. Bien que la santé continue de s'améliorer dans les pays riches, cette amélioration n'est plus imputable à la croissance économique. Nous savons également que les taux de dépression et d'anxiété ont augmenté au cours des quelque cinquante dernières années.
Non seulement la croissance économique des pays riches a cessé d'être synonyme des avantages sociaux par laquelle elle se traduisait autrefois (et continue de le faire dans les pays plus pauvres), mais elle menace désormais la planète. Nous sommes par conséquent la première génération qui doit trouver de nouvelles manières d'améliorer véritablement la qualité de vie. Les preuves suggèrent que nous avons besoin de porter notre attention sur l'environnement social et la qualité des relations sociales au sein de nos sociétés, plutôt que sur l'augmentation de la richesse matérielle. Car l'accroissement de la richesse des pays riches n'a que peu ou pas d'impact sur la prévalence des problèmes sanitaires et sociaux mais, comme le montrent d'autres pages de ce site Internet, les problèmes sociaux qui minent nombre de sociétés riches sont beaucoup plus courants au sein des sociétés qui sont les plus inégalitaires. Une meilleure cohésion existe au sein des sociétés qui affichent les plus faibles écarts de revenus entre les riches et les pauvres : la vie au sein de la communauté y est plus forte, les niveaux de confiance sont plus élevés et la violence est moindre. La majorité de la population semble bénéficier d'une plus grande égalité.
On dit parfois que les sociétés ont choisi entre plus d'égalité et la croissance économique. Si c'est le cas, les gens des pays riches ont clairement atteint le point où le choix rationnel devrait se porter sur l'égalité : si nos objectifs consistent à améliorer la qualité de vie tout en évitant d'occasionner des dégâts supplémentaires à la planète, une plus grande égalité peut les atteindre tous les deux alors que la croissance économique ne peut en satisfaire aucun. Cependant, les éléments de preuves disponibles issus des études des performances actuelles des différents pays ne suggèrent pas qu'un plus fort degré d'égalité soit nocif pour la croissance économique. Les sociétés plus cohésives sont considérées comme offrant un environnement dans lequel les entreprises peuvent opérer avec plus d'efficacité et il existe au moins autant d'études empiriques qui suggèrent que les sociétés plus égalitaires enregistrent de meilleures performances économiques que d'études qui suggèrent l'inverse. Étant donné que ce problème reste toutefois controversé, il est sans doute plus sûr de supposer qu'il existe quoi qu'il en soit un lien très solide entre l'égalité et la croissance.
Bien qu'il soit essentiel de réduire les émissions de gaz carbonique, la production de déchets et l'utilisation des ressources de la planète, ceci ne signifie pas que nous sommes confrontés à une stagnation ou un déclin économique. Le développement de systèmes économiques viables nécessite des changements et une innovation rapides devant être principalement écoénergétiques et respectueux des ressources.
Kate Pickett discute de l’égalité et de la durabilité à l’occasion de la Conférence des Verts en Angleterre :
Remarques concernant les sources et méthodes statistiques employées










