Preuves à l’appui

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Exclamation markVous trouverez ci-dessous une introduction détaillée aux preuves. Si vous voulez mieux vous familiariser avec le sujet, vous pouvez commencer par lire notre bref aperçu 

 

Une introduction de Richard Wilkinson et Kate Pickett

Kate Pickett and Richard WilkinsonL'accroissement des inégalités est le fléau des sociétés modernes. Nous apportons des preuves concernant chacun des onze problèmes sociaux et sanitaires différents, à savoir la santé physique, la santé mentale, la toxicomanie, l'éducation, la population carcérale, l'obésité, la mobilité sociale, la confiance et la vie au sein de la communauté, la violence, le taux de grossesse chez les adolescentes et le bien-être des enfants. Pour chacune de ces questions sanitaires et sociales, les sociétés au sein desquelles les inégalités sont les plus grandes enregistrent des résultats considérablement pires.

Nous avons vérifié dans la mesure du possible les liens dans deux bancs d'essai indépendants, parmi les pays riches à l'échelle internationale puis parmi les 50 états des États-Unis d'Amérique. La même tendance se dessine dans presque chaque cas : les résultats sont bien plus pires au sein des sociétés qui présentent le plus d'inégalités.

Nous apportons également des preuves concernant quatre autres sujets importants. Le premier consiste à démontrer que la concrétisation d'une plus grande égalité au sein même des pays riches est susceptible de contribuer à résoudre les inégalités entre les pays riches et les pays pauvres. Le deuxième porte sur une discussion de la compatibilité entre une plus grande égalité et la croissance économique en tant que sources d'amélioration de la qualité de vie au sein des pays riches et leurs avantages relatifs. Le site contient une page qui aborde la question de savoir comment une plus grande égalité est susceptible de contribuer aux politiques conçues pour s'attaquer au réchauffement climatique et, enfin, une page (intitulée Les remèdes) attire votre attention sur les différentes possibilités d'accroître le degré d'égalité au sein de nos sociétés.

Les données dont nous nous servons proviennent des sources internationales les plus respectées telles que la Banque mondiale, l'Organisation mondiale de la santé, les Nations Unies, UNICEF, ou encore le Bureau du recensement des États-Unis. La plupart de ces travaux ont déjà été publiés dans des revues universitaires révisées par des pairs et certains liens ont été testés plus d'une fois par des groupes de recherches différents se servant de données en provenance de sociétés différentes.

Les détails des données et techniques statistiques employées sont disponibles sur la page Sources et méthodes statistiques et l'ensemble de données international peut être téléchargé ici.

Une description complète ainsi que des explications de cette recherche sont désormais disponibles au sein d'un ouvrage intitulé The Spirit Level de Richard Wilkinson et Kate Pickett, (Penguin). Achetez ce livre sur Amazon.

Les auteurs expliquent les résultats

Les effets de l'inégalité

Jusqu'à récemment, la plupart des arguments concernant l'ampleur des inégalités au sein des sociétés modernes ont porté sur les questions d'équité et d'injustice. Cependant, il est depuis peu possible de comparer l'ampleur des différences de revenus au sein de sociétés différentes et de voir comment l'ampleur des inégalités affecte le tissu social même de la société. Les recherches se servant de ces données effectuées depuis le début des années 1990 montrent que nombre des problèmes sociaux et sanitaires les plus pressants sont pires dans les sociétés qui présentent les inégalités les plus grandes, souvent bien plus pires. Les sociétés dans lesquelles les différences de revenus entre les riches et les pauvres sont les plus grandes semblent être davantage confrontées à tout un éventail de problèmes sanitaires et sociaux. Ces pages web exposent les preuves à l'appui des faits et vous indiquent où trouver les rapports et résumés plus détaillés. Le livre coécrit par Richard Wilkinson et Kate Pickett, intitulé The Spirit Level et publié chez Penguin, offre un exposé précis de tous les documents disponibles. Achetez ce livre sur Amazon.  

Santé, homicide et au-delà

Les premières indications des effets néfastes de l'inégalité ont été révélées de manière quasi-simultanée par des recherches effectuées sur la santé et les homicides. Un examen de 168 études résume les preuves à l'échelle internationale parmi les pays riches et les pays pauvres ainsi que pour les régions, les états et les villes au sein de nombreux pays différents. Les sociétés les moins égalitaires ont tendance à enregistrer les plus mauvais résultats eu égard à divers indicateurs sanitaires comme le taux de mortalité spécifique à l'âge, la mortalité infantile, l'espérance de vie et la maladie.

Plus récemment, nous avons découvert que le même modèle s'applique à la plupart des problèmes sociaux qui, au sein des pays, ont tendance à être concentrés dans les quartiers les plus défavorisés et devenir plus courants au fur et à mesure qu'on descend dans l'échelle sociale. Comme pour la violence et la maladie, ces problèmes affectent tous beaucoup plus les sociétés au sein desquelles le degré d'inégalité est plus élevé. Jusqu'ici, les preuves couvrent la maladie mentale, la toxicomanie, le taux de grossesse chez les adolescentes, l'obésité, le nombre de personnes en prison par rapport à la population totale, les performances scolaires des élèves, les niveaux de confiance et la solidité de la vie au sein de la communauté, et la mobilité sociale.

Certains liens avec l'inégalité ont été prouvés à maintes reprises dans des rapports de recherches révisés par des pairs. Presque tous ont été révélés dans au moins deux bancs d'essai : à l'échelle internationale parmi un groupe de pays riches et indépendamment parmi les 50 états des États-Unis d'Amérique. Nous devons souligner que lorsque nous parlons des effets de l'inégalité, nous ne parlons pas des effets de la pauvreté ou de la faiblesse des revenus moyens.

Des différences importantes qui touchent tout le monde

L'ampleur des différences de fréquence des divers problèmes sociaux constitue l'une des caractéristiques les plus frappantes et les plus importantes. Certains problèmes sont en effet deux à trois fois plus courants au sein des sociétés moins égalitaires alors que d'autres sont jusqu'à dix fois plus courants. Les preuves suggèrent que ceci est en partie imputable aux effets de l'inégalité qui affectent la majeure partie de la population, et pas seulement les plus pauvres.

Enfin, les mêmes sociétés ont tendance à afficher les bons résultats, tout comme ce sont toujours les mêmes qui enregistrent aussi des résultats négatifs. Étant donné que l'inégalité affecte un nombre si important de pays différents, si vous savez qu'une société enregistre de mauvais résultats dans un domaine tel que par exemple la santé, il est probable qu'elle enregistre également de mauvais résultats sur tout un éventail de problèmes sociaux ; elle sera par exemple affligée par des taux de violence élevés, des taux de grossesse des adolescentes élevés, une population carcérale importante, de faibles taux de confiance, un problème d'obésité et une fréquence de la toxicomanie plus importante. Il semblerait que les sociétés au sein desquelles les inégalités de revenus sont importantes deviennent dysfonctionnelles d'un point de vue social.  

Vous pouvez consulter les seuls faits et preuves statistiques dans l'ouvrage suivant :

Wilkinson RG, Pickett KE. Income inequality and health: a review and explanation of the evidence. Social Science and Medicine 2006; 62: 1768-84.

Vous pourrez lire une discussion plus approfondie au sujet des preuves et des processus sociaux par lesquels l'inégalité a ces effets dans :

Wilkinson RG. The Impact of Inequality: how to make sick societies healthier. Publié aux États-Unis chez New Press, New York, et au Royaume-Uni chez Routledge, Londres, 2005