Foire aux questions
- Cette analyse n'a-t-elle pas été remise en question ?
- Une corrélation ne prouve pas une causalité. Quelles sont les raisons qui sous-tendent l'idée selon laquelle l'inégalité est la cause d'un tel éventail de problèmes sanitaires et sociaux ?
- Où sont les tests statistiques sur les liens entre inégalité et problèmes sociaux ?
- La causalité ne va-t-elle pas en sens inverse : davantage de problèmes sociaux ne mènent-ils pas à un accroissement des différences en termes de revenus ?
- Ces liens à l'inégalité ne sont-ils pas plutôt le reflet des avantages qu'engendrent de meilleurs services dans les pays plus égalitaires ?
- Est-ce que ce ne sont pas simplement les cultures anglophones qui enregistrent de mauvais résultats ?
- N'est-ce pas seulement les petits pays qui sont plus égalitaires et se débrouillent mieux ?
- Les changements constatés en matière de problèmes sanitaires et sociaux au fil du temps sont-ils liés aux changements en termes d'inégalité de revenus ?
Cette page est en cours de traduction et sera mise à jour régulièrement. Merci de votre patience!
- Pourquoi l'inégalité au sein de petites régions n'est-elle pas liée aux problèmes sanitaires et sociaux ?
- Le fait de donner de l'argent aux pauvres ne réglera sans doute pas le problème ?
- Que dire de l'inégalité entre hommes et femmes ?
- Les différences de revenus peuvent-elles vraiment changer ou ne sont-elles pas plutôt le reflet de la nature humaine ?
- Les chiffres de l'OCDE concernant les inégalités de revenus dans les pays riches diffèrent de ceux dont vous vous servez. Que se passe-t-il si vous vous servez des chiffres de cette organisation ?
Nous avons rédigé une réfutation détaillée des critiques qui ont été récemment exprimées.
- Une corrélation ne prouve pas une causalité. Quelles sont les raisons qui sous-tendent l'idée selon laquelle l'inégalité est la cause d'un tel éventail de problèmes sanitaires et sociaux ?
Le
fait de suggérer que ces liens sont des liens de causalité
n'implique pas de rupture importante avec ce que nous savons déjà.
Au sein des pays, nous savons que tous les éléments de notre Indice
des problèmes sanitaires et sociaux sont fortement liés au statut
social : plus vous êtes en bas de l'échelle sociale, plus
ces problèmes sont courants. Le nouvel élément au tableau, c'est
simplement que si vous accentuez ces différences de statut social,
vous accentuez encore plus la fréquence de tous les problèmes liés
au statut social. Plutôt que d'avancer des processus de causalité
entièrement nouveaux, nous ne faisons donc que fournir un complément
d'information concernant les liens qui ont toujours été reconnus.
Les personnes qui ont étudié avec attention les graphiques
sur ce site Internet et dans The
Spirit Level
se seront rendues compte que les pays qui enregistrent un mauvais
résultat concernant un domaine ont nettement tendance à enregistrer
de mauvais résultats dans les autres domaines. Nous avons fourni les
preuves selon lesquelles 10 ou 12 problèmes différents ont tendance
à se comporter de la même manière ensemble, ce qui implique qu'ils
partagent une cause sous-jacente commune. Le lien entre l'inégalité
et notre Indice des problèmes sanitaires et sociaux est très étroit
et personne n'a jusqu'ici suggéré d'alternative.
Enfin,
comme le montrent les différents chapitres de notre livre, nombre de
processus de causalité qui mènent de l'inégalité aux divers
problèmes sanitaires et sociaux sont déjà connus. Les effets du
statut social sur la santé ont par exemple été prouvés sur les
singes lors d'expériences dans le cadre desquelles les conditions
matérielles et alimentaires ont été maintenues tout en modifiant
le statut social en faisant passer des animaux dans de nouveaux
groupes, et les effets qu'a le stress chronique sur les systèmes
immunitaire et cardiovasculaire sont de mieux en mieux compris. De
même, la violence est plus répandue au sein des sociétés plus
inégalitaires (où la concurrence relative au statut social est plus
farouche) car elle est souvent déclenchée par des personnes qui se
sentent méprisées, humiliées et non respectées.
Comme le lectorat visé ne se limitait pas aux personnes bénéficiant d'une formation en statistiques, les tests d'importance statistique et les mesures d'association n'ont pas été inclus. Cependant, comme l'indique le livre, vous pouvez tous les consulter ici.
- La causalité ne va-t-elle pas en sens inverse : davantage de problèmes sociaux ne mènent-ils pas à un accroissement des différences en termes de revenus ?
De
temps en temps, de nouveaux gouvernements privilégiant des théories
économiques et des philosophies différentes peuvent déclencher des
changements dans le domaine de la distribution des revenus. Ceci est
arrivé dans un certain nombre de pays dans lesquels le monétarisme
et les idées néolibérales devinrent courants dans les années 80.
Des lois furent introduites pour affaiblir le pouvoir des syndicats,
et des changements à la fiscalité et aux prestations sociales
furent introduits qui contribuèrent à un accroissement des
différences de revenus. Cependant, bien que l'on puisse dire qu'un
changement d'idéologie économique et politique a contribué à
accroître les différences de revenus, il ne fait aucun doute que
les gouvernements n'avaient pas l'intention d'affaiblir la vie
au sein de la communauté ou d'augmenter les niveaux de violence,
taux de grossesse chez les adolescentes, toxicomanie et autres
problèmes qui vont de paire avec une plus grande inégalité. Ces
problèmes furent tous des conséquences involontaires de
l'accroissement des différences de revenus.
Une hausse des
problèmes sanitaires et sociaux ne peut pas non plus être la cause
de l'accroissement des différences de revenus. Comme nous l'avons
constaté, tout un éventail de problèmes sanitaires et sociaux ont
tendance à se suivre et les pays qui enregistrent de mauvais (ou de
bons) résultats relativement à un critère, ont tendance à
enregistrer de mauvais (ou de bons) résultats relativement à
d'autres critères. S'ils n'étaient pas tous le résultat de
l'inégalité mais qu'ils étaient au lieu de cela des causes
distinctes de l'inégalité, cela n'expliquerait pas la raison
pour laquelle ils se comportent de la même manière. En effet, il
n'est pas plausible de penser que des problèmes tels que le taux
d'homicide, l'obésité ou encore le faible niveau de bien-être
des enfants, qui sont tous associés à l'inégalité, pourraient
être la cause de celle-ci.
-
Ces
liens à l'inégalité ne sont-ils pas plutôt le reflet des
avantages qu'engendrent de meilleurs services dans les pays plus
égalitaires ?
Non.
À la page
80 de The
Spirit Level [Édition
anglaise de l'ouvrage] nous montrons qu'il n'existe aucune
corrélation entre l'espérance de vie et le montant total des
dépenses médicales par habitant dans différents pays. Bien que les
soins médicaux soient importants eu égard à nombre d'aspects de
la qualité de vie, comme c'est le cas par exemple pour les
opérations de la hanche et des genoux, de la cataracte ou des
hernies, il semble que les différences importantes d'incidence de
maladies graves telles que le cancer ou les maladies cardiaques
occultent les différences que la qualité des soins médicaux peut
apporter en ce qui concerne le taux de survie. Le fait qu'une
grande majorité des dépenses médicales consacrées à chaque
personne survient au cours de la dernière année de sa vie suggère
que leur capacité à rallonger la vie est limitée.
Les
chiffres de l'OCDE concernant les dépenses sociales publiques
comme proportion du revenu national montrent qu'elles ne sont pas
plus liées à l'étendue des problèmes mesurés par notre Indice
des problèmes sanitaires et sociaux que ne le sont les dépenses
médicales
(cf. p.177 de The
Spirit Level
[Édition anglaise
de l'ouvrage]). Nombre de services peuvent être considérés
comme des tentatives de surmonter des problèmes créés ailleurs
dans la société. Il est important qu'ils existent pour essayer de
recoller les morceaux mais ils sont rarement les facteurs
déterminants de l'échelle des problèmes qui existent dans chaque
société. Ce qui est vrai pour les soins médicaux l'est aussi des
différences en termes de services de police qui, d'après des
études sur la criminologie, n'exerceraient aucune influence
importante sur le taux de criminalité. Même en ce qui concerne
l'éducation, il est bien connu que les premières expériences, la
vie de famille et les circonstances socioéconomiques exercent une
influence particulièrement puissante sur « la volonté d'aller
à l'école » et els niveaux ultérieurs de réussite
scolaire.
- Est-ce
que ce ne sont pas simplement les cultures anglophones qui
enregistrent de mauvais résultats ou les pays d'Europe
septentrionale qui en enregistrent de bons ?
Non. Si vous étudiez le graphique dans lequel les résultats sont combinés en un Indice des problèmes sanitaires et sociaux (Figure 2.2 dans The Spirit Level), vous verrez que même si tous les pays anglophones étaient exclus, un lien puissant subsisterait entre l'inégalité et l'Indice dans les pays restants. Il en va de même pour l'Indice du bien-être des enfants de l'UNICEF. Un lien statistique important persiste également entre l'inégalité et l'Indice des problèmes sanitaires et sociaux si l'on supprime les pays aux deux extrémités, à savoir la Suède, la Norvège, la Finlande d'un côté et les États-Unis et le Royaume-Uni de l'autre. Les différences culturelles ne peuvent pas à elle seules expliquer l'association entre inégalité et disfonctionnement social.
- N'est-ce
pas seulement les petits pays qui sont plus égalitaires et se
débrouillent mieux ?
Certaines personnes se demandent si les mesures de l'inégalité des revenus sont en fait faussées par la taille de la population, donnant l'impression que les pays plus peuplés sont les moins égalitaires. Cependant, les mesures de l'inégalité des revenus sont toutes conçues pour ne pas être affectées par la taille de la population.
Bien que certains des pays plus égalitaires comme la Norvège, la Suède ou encore la Finlande soient peu peuplés et enregistrent de bons résultats, il existe également d'autres petits pays comme Singapour ou le Portugal qui enregistrent des résultats particulièrement médiocres. Et les deux pays de nos données qui sont les plus peuplés, à savoir les États-Unis et le Japon, se trouvent tous deux aux antipodes en matière d'inégalité. Si vous tenez compte de la taille de la population, les corrélations mesurant à quel point les résultats sont liés à l'inégalité deviennent encore plus fortes.
- Que
dire des divisions ethniques ?
Les gens se demandent parfois si les pays qui enregistrent de bons résultats sont plus homogènes et moins marqués par les devisions ethniques que ceux qui enregistrent de mauvais résultats. À l'examen de cette question, il est essentiel de garder un certain nombre de facteurs à l'esprit.
Premièrement, une étude internationale, dans le cadre de laquelle ont été recueillies des données concernant le mix ethnique de chaque pays, a révélé que celles-ci n'expliquaient en rien l'association entre santé et égalité. Chose intéressante, la Suède et les États-Unis comptent une proportion d'étrangers similaire par rapport à leur population totale, et l'Espagne est plus égalitaire et réalise un meilleur score que son voisin le Portugal, en dépit de la taille plus importante de sa population étrangère.
Parmi les états des États-Unis d'Amérique, la distribution des revenus a tendance à être moins inégalitaire dans les états qui comptent une proportion plus importante d'Afro-Américains par rapport à la population totale. Un document suggérait que ceci expliquait le lien entre inégalité et santé. D'autres articles qui ont été depuis publiés ont montré que ceci n'est pas le cas, et il a été révélé que le document qui avait formulé pour la première fois cette suggestion contenait une erreur de calcul. En outre, dans les états moins égalitaires, les Blancs comme les Noirs sont en moins bonne santé. Toutefois, contre toute attente, les groupes d'immigrés sont en bonne santé. Aux États-Unis, le groupe d'immigrés le plus important est constitué par les Hispaniques, en grande partie originaires du Mexique. Bien que leurs niveaux d'éducation et de leurs revenus soient similaires à ceux des Afro-américains, pour ce qui est de la plupart des résultats, leur santé est aussi bonne que celle de la population blanche et non-hispanique. Le fait qu'ils ne semblent pas souffrir des effets de l'infériorité de leur statut social est parfois désigné sous l'expression « paradoxe hispanique ».
Cependant, dans la mesure où les divisions ethniques sont liées à l'inégalité et sont susceptibles de contribuer aux effets de l'inégalité, ce n'est bien évidemment pas la couleur de la peau en soi, ni non plus une question de différence de religion ou de langue d'ailleurs, qui affecte la santé. Au lieu de cela, ces traits gagnent en importance lorsqu'ils servent de marqueurs du statut social, attirant la stigmatisation, les préjugés et la discrimination. Ceci signifie que plutôt que d'impliquer des processus tout à fait distincts de ceux par lesquels l'inégalité produit ses effets, les divisions ethniques impliquent au contraire des processus très semblables. Que les marqueurs des différences de statut social soient des caractéristiques de la seule classe sociale ou qu'ils incluent des questions de langue, de religion ou d'ethnicité, les processus sous-jacents sont en fait les mêmes.- Les changements constatés en matière de problèmes sanitaires et sociaux au fil du temps sont-ils liés aux changements en termes d'inégalité de revenus ?
Peu de recherches ont été menées concernant les tendances temporelles et les quelques recherches effectuées se limitent à la santé. Cependant, il existe quelques 200 études, principalement des études transversales, sur le lien entre distribution des revenus et santé à des époques différentes et dans différents endroits. Il est bien évidemment impossible que les deux éléments apparaissent liés à plusieurs époques successives à moins qu'ils n'évoluent ensemble au fil du temps. Si deux choses apparaissent presque toujours ensemble, il est alors possible de présumer sans risque qu'elles évoluent ensemble. (La possibilité qu'elles restent à la même place peut être exclue : nous savons en effet que la distribution des revenus a subi des changements très conséquents.)
La difficulté à suivre les liens réside dans la probabilité de l'implication de longues périodes de latence qui diffèrent. Nous savons par exemple que la santé des personnes d'âge moyen et du troisième âge est fortement influencée par les expériences de la petite enfance ainsi que les expériences vécues au cours des années intermédiaires. Chaque tranche d'âge nécessiterait des périodes de latence différentes, et différentes causes de mortalité prennent plus ou moins longtemps à se développer. De plus, nous ne disposons de données internationales comparables que depuis peu. Dans ce contexte, il est impressionnant que des études aient révélé le lien qui existe entre les changements en matière d'inégalités des revenus au fil du temps et les changements des taux de mortalité.-
La réduction de l'inégalité n'entraînerait-elle pas également une baisse de la créativité, des inventions et de l'innovation dont dépend le progrès ?
Au lieu de stimuler l'innovation et les progrès, une inégalité importante gaspille les talents d'une grande proportion de la population. Les preuves montrent qu'elle a un impact négatif sur les résultats scolaires des enfants et qu'elle réduit la mobilité sociale. Les études économiques du lien qui existe entre la portée de l'inégalité et les taux de croissance économique ont mené à des résultats mitigés : la plupart d'entre elles suggèrent que plus l'égalité est grande, plus elle est propice à la croissance mais quelques-unes suggèrent l'inverse. Pour vérifier comment l'inégalité pouvait affecter la créativité et l'innovation, nous nous sommes désormais penchés sur le lien entre l'inégalité et le nombre de brevets accordés par habitant. Aucune tendance quelconque ne s'est dessinée suggérant que les sociétés plus inégalitaires enregistrent un nombre plus élevé de brevets par habitant. (N.B. Il s'agit là d'une correction. En nous servant de données publiées relatives aux brevets qui s'étaient par la suite avérées être erronées, nous avions précédemment déclaré que les sociétés plus égalitaires comptaient en réalité un nombre nettement plus élevé de brevets par habitant).










